Lette ouverte à Hamdi Meddeb

Cher président,

Il n’est un secret pour personne que vous n’avez jamais envisagé de vous retrouver, un jour ou l’autre, président de l’Espérance. Votre rôle de mécène désintéressé, loin des feux de la rampe, vous convenait à merveille. Ne dit-on pas que pour vivre heureux il vaudrait mieux vivre caché ? Mais, malheureusement pour vous, vous étiez, aux yeux des hautes sphères qui décident dans notre football, et même ailleurs, la seule et unique alternative pour barrer la route au jeune et ambitieux Zied Tlémçani.

Comme tous ceux qui vous ont précédé, vous avez commis à vos débuts des erreurs imputables à votre inexpérience, cédant assez souvent aux caprices d’un public versatile et impatient. Mais les faits et les événements ont toujours fini par vous donner raison, vous permettant de remporter une coupe en 2008 et surtout un championnat et une coupe arabe en 2009 grâce notamment à l’engagement de Faouzi Benzarti en toute fin de parcours, qui en deux temps trois mouvements, métamorphosa l’équipe et en fit une véritable machine à gagner.

Or, il semble que cette machine s’est grippée depuis quelques mois et que, malgré toute votre bonne volonté et votre porte monnaie bien rempli, vous ne vous en êtes pas aperçu, ni vous ni toute l’équipe dirigeante qui vous entoure. Pourtant ceux qui suivent de prés ou de loin les affaires de l’équipe première de foot, les profanes et les professionnels, les avertis et les ignorants, tous s’accordent à dire que, depuis au moins trois mois, la machine sportive et administrative de l’Espérance donne des signes évidents d’essoufflement et de ratés.

En effet, depuis que le ministre des sports vous a tiré de votre lit pour vous « convaincre » que le Salut de la nation, durement éprouvée par le drame Mozambicain, passait par le prêt de votre entraineur à la sélection nationale, l’Espérance ne fait que régresser, perdant au passage deux titres en l’espace d’un mois et demi.
Il était évident que Benzarti avait la tête ailleurs et que le challenge que vous lui offriez était devenu, d’un seul coup, trop petit pour lui. N’était-il pas réclamé par tout un peuple ? N’était-il pas le sauveur de la nation ? S’occuper d’un club est devenu pour lui marginal et moins gratifiant et il lui fallait se consacrer aux grands desseins de la nation. C’est d’ailleurs pour cela qu’il a consacré toute la semaine précédant le derby, non pas à la préparation de ce match futile, mais à la négociation de son bref passage en équipe nationale jugé plus important qu’un banal match opposant « deux quartiers ».

C’est aussi pour cela qu’il a laissé l’équipe du club que vous présidez sans entraineur durant un mois et demi, supervisant la préparation et le recrutement par téléphone. C’est également pour cela qu’il n’a prévu que deux malheureux matchs amicaux pour meubler une trêve de quarante jours alors qu’il avait organisé une dizaine de matchs lors de la trêve de Ramadan. C’est toujours pour cela que malgré l’avis contraire du staff médical de votre équipe, il convoqua Darragi en équipe nationale dans l’unique but de mettre tous les atouts du coté des « Aigles de Carthage » de triste mémoire même si cela devait se faire aux dépens de votre équipe.

Mais il ne faut pas croire non plus que la régression de votre équipe est due seulement aux deux casaques qu’essaye de porter Benzarti. Car, en regardant de plus prés, le jeu développé par ses poulains depuis le mois d’octobre, il est aisé au plus profane d’entre nous de s’apercevoir qu’aucun travail de fond n’a été entrepris par Benzarti qui, comptant sur les atouts de chacun de ses joueurs, arrive à réaliser de bon résultats. Mais il a suffit que les piliers de l’équipe flanchent pour qu’elle se mette à prendre eaux de toute part, se faisant ridiculiser par un Sétif jouant à dix ou un Club Sfaxien tout juste moyen, dans un match joué à domicile devant ce qu’il vous restait de supporters, après que les autorités aient décimé, sous le regard complice de vos barbouzes et lèches bottes tous les fidèles viragistes.

Mais, malheureusement, Monsieur le Président, ce folklore ou cette succession de bêtises ne sont pas l’apanage du secteur sportif de l’association dont vous veillez sur les destinées. L’administratif n’est pas en reste et réclame lui aussi sa part du gâteau, et elle n’est pas des moindres.

D’abord un secrétaire général et porte parole nommé en grandes pompes, qui deux mois plus tard démissionne mais qui, tout en étant démissionnaire, intervient en direct à la télé pour participer au nom de l’Esperance, en tant que son porte parole, à un débat digne d’une discussion de café. Ensuite un vice président qui, sans en référer au bureau, réagit à une interview qu’un des joueurs aurait donné à un journal de caniveaux pour le traiter de tous les noms et qui par la suite est démenti par le bureau qu’il est censé représenter offrant aux medias un spectacle affligeant de gabegie et de médiocrité. Un joueur qui, d’ailleurs, ne prépare pas la reprise avec ses coéquipiers pendant plus de trente jours et qui rentre la veille d’un match décisif et qui, au lieu d’être sanctionné… est prié de participer au match.

Monsieur le président,

il est incontestable que nous avons perdu beaucoup de temps, mais comme le dit l’adage « Il n’est jamais trop tard pour bien faire ». D’abord, en offrant Benzarti à l’Equipe Nationale frappant ainsi d’une pierre deux coup, en libérant sa place pour plus compétent que lui et en apparaissant comme le plus patriote de tous les tunisiens. Débarrassez-vous dans la foulée de Maher Kanzari qui a affiché toutes ses limites samedi Dernier, et engagez un nouvel entraineur capable de faire progresser un des meilleurs groupes de joueurs que nous ayons eu depuis longtemps. Déchargez les personnes qui vous entourent des responsabilités que vous leur avez accordées et cantonnez les dans le rôle de mécènes qu’ils ont toujours eu et faites vous entourer de personnes compétentes. Donnez un sérieux coup de balai au parc et essayez d’éradiquer la vermine et les parasites qui le peuplent et qui, hélas, sont devenus représentatifs de l’Espérance. Procédez à ces changements et vous verrez que les choses, comme par enchantement, commenceront à aller mieux!

Dans cette attente que nous éperons courte, veuillez croire, Cher Président, en notre profond respect.

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2 Commentaires

  1. Houssem Eddine Berrehouma février 5th, 2010 15:02

    A vous de jouer monsieur le président

  2. chinaski février 7th, 2010 10:26

    Cela devient assez enigmatique, le navire sang et or est en train de couler et monsieur Meddeb ne réagit point. on n’a perdu énormement de temps cet attentisme est très frustrant,ceci aura certainement des conséquences néfastes sur le reste de notre parcours.

    Dommage pourtant tout avait bien commencé!!

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