Interview de Mr Tarak Dhiab

 

 

C’est un petit prince modeste, humble et très chaleureux qui nous a accueillis samedi 14 au Parc B. Nous avons abordé avec lui les volets sportifs, administratifs et marketing de la section Football de notre club. Il a répondu avec sa franchise habituelle aux questions concernant les évènements ayant suivi sa nomination, la qualité de notre effectif, le rôle du bureau directeur, etc.

Nous tenons à remercier Monsieur Tarek Dhiab pour sa gentillesse, courtoisie et son écoute active et lui souhaitons beaucoup de réussite dans sa mission.


1- La moyenne d’âge sur nos forums avoisine les vingt ans, pouvez vous résumer votre carrière pour les plus jeunes d’entre nous ?

Comme la majorité des joueurs de l’Espérance, j’ai commencé ma carrière dans un petit club, en l’occurrence l’A.S. Ariana jusqu’à la section cadet. A 16 ans, j’ai signé une licence à la fois à l’Espérance et au Club Africain ce qui m’a couté une année de suspension. Pendant cette année, j’ai intégré la section cadet de l’Espérance et je participais des fois à des matchs amicaux avec l’équipe première. A partir de l’année suivante, j’ai rejoint les seniors et en 1974 je suis devenu international jusqu’à 1981. En 1978, je suis parti en Arabie Saoudite où j’ai évolué pendant 3 ans à Al Ahly avant de revenir à l’Espérance en 1981. Pendant ma carrière, j’ai remporté six championnats et deux coupes avec l’Espérance et une coupe avec Al Ahly.

2- Quel est votre meilleur souvenir pendant cette période ?

Quand je suis venu à l’Espérance en 1970, il y avait déjà beaucoup de vedettes, et à l’époque la discipline n’était pas leur point fort et personnellement je n’y ai pas adhéré. Avec le temps, la mentalité a changé notamment avec l’arrivée de la nouvelle génération. On avait, déjà à l’époque, acquis un esprit professionnel, sur et en dehors du terrain et on avait commencé à venir à l’entraînement avec la même tenue vestimentaire pour marquer l’esprit de groupe. Avec ce changement de comportement, nos performances se sont améliorées et nous sommes passé de deux à huit internationaux. A notre époque, nous faisions les premiers pas du professionnalisme moderne.

3- D’accord, mais est ce que vous avez d’autres souvenirs plus forts, comme un match ou un but inoubliables ?

Bien sûr, je n’oublierai pas un quart de final perdu 3-1 face au CA, un nul vierge face à l’Etoile en 1988 qui nous a empêché de remporter un troisième titre pour l’Espérance malgré une égalité de point avec le CA. Je n’oublierai pas non plus, le premier doublé décroché par le club en 1989.

4- Quand vous avez arrêté le football, on ne vous a plus vu pendant 12 ans dans les milieux sportifs. Que faisiez-vous pendant cette longue période ?

Quand j’ai pris ma retraite, j’ai préféré me retirer complètement malgré le fait que je reste convaincu que les joueurs d’un certain niveau ne doivent pas s’éloigner complètement de leur club, et d’ailleurs c’est ce que nous sommes en train de faire aujourd’hui. Malheureusement, les dirigeants de l’époque ont refusé ma collaboration…

5- Pourtant vous avez travaillé plus tard avec ces mêmes dirigeants ?

C’est vrai que je suis revenu après deux ans et malgré le court délai de mon passage à cette époque je le qualifie de réussi. Quand M. Slim Chiboub a fait appel à moi en 1991 pour l’aider à rajeunir l’effectif, nous avons réussi à introduire dans l’équipe des jeunes talents tels que Hamrouni, Malitoli, Thabet et Guezmir, encadrés par des joueurs expérimentés comme Ben Neji, El Ouaer, Ben Yahia et Hichri. Malgré des débuts difficiles, nous avions la ferme conviction que ces joueurs avaient de l’avenir. Ensuite j’ai eu des désaccords avec M. Chiboub qui m’ont obligé à partir.

6- Sans rentrer dans les détails, ces différends que vous avez eu avec M. Chiboub étaient d’ordre sportif ou personnel ?

À l’époque je n’étais pas d’accord avec ses choix d’entraineur compte tenu du potentiel qu’avaient nos joueurs, c’est pour ça que j’ai préféré partir.

7- Après cette période, vous vous êtes littéralement éclipsé des girons du club, pourquoi M. Hamdi Meddeb a fait appel à vous aujourd’hui, après qu’on ait eu tous ces problèmes et non pas plus tôt ?

Après cette période, j’ai effectivement décidé de m’éloigner complètement de l’Espérance. Dès que M. Hamdi Meddeb, avec qui je suis ami depuis nos jeunes âges en dehors même de l’Espérance d’ailleurs, a pris les commandes du club, il a fait appel à moi à plusieurs reprises. A l’époque mes engagements professionnels ne m’ont pas permis de le rejoindre à la tête de l’Espérance. En plus, sincèrement, un président de l’Espérance aujourd’hui, doit prendre ses précautions et prendre en considération plusieurs paramètres avant de m’affecter un poste de dirigeant dans le club. Il doit notamment penser à la réaction de M. Chiboub, d’un quelconque ministre et bien d’autres personnes…

8- Dès le début ou un an après, il n’aurait jamais échappé à ses calculs, surtout après toute la pression qu’il a subi après votre désignation, donc vous ne pensez pas qu’il aurait peut être fallu prendre cette décision dès le début ? À moins qu’il ait été influencé par certaines personnes…

Dès son arrivée, M. Meddeb a cherché à rassembler tout le monde. Il a d’ailleurs commencé par désigner Chokri El Ouaer au poste de directeur technique. Il n’aurait jamais accepté une quelconque influence contraire à ses convictions. Il a préféré commencer par prendre ses marques au club et gagner la confiance de certaines personnes, ce dont il avait besoin à l’époque. Personnellement j’aurai fait la même chose. Même mon retour aujourd’hui a dérangé plusieurs personnes, ça aurait été plus difficile à avaler il y a un an.

 

9- Comment avez-vous vécu cette période agitée quand vous avez intégré le Bureau Directeur de l’Espérance ?

D’abord, je tiens à préciser que ce tumulte qui a accompagné ma désignation à la tête de la section football de l’Espérance, n’était pas favorisé par mes récentes déclarations sur le plateau de « Belmakchouf » mais ça date de plus que ça. D’ailleurs, il y a un peu plus de quatre mois j’ai failli m’allier avec Slim Chiboub à nouveau, mais certaines personnes ont intervenu pour que je ne retourne jamais à l’Espérance. Ces mêmes personnes font croire aux gens aujourd’hui que j’ai des problèmes graves avec les autorités.

10- Est-ce que la durée de votre engagement actuelle avec l’Espérance est fixée d’avance ?

Bien sur que non. Je n’ai pas besoin de contrat pour travailler à l’Espérance et je ne touche aucun salaire. Je suis ici pour servir mon club du mieux que je peux, et c’est mon seul engagement.

11- Beaucoup d’espérantistes s’interrogent sur votre engagement avec Aljazeera ?

Je ne pense pas que mon travail à Aljazeera pose un quelconque problème parce que quand je suis à Tunis je passe 10 heures par jour au Parc B, et quand il faut que je sois présent, je reste. D’ailleurs vous voyez que je suis ici alors qu’il y a actuellement le championnat d’Europe des nations. Le problème de l’Espérance, c’est que le pouvoir décisionnel était toujours concentré chez une personne.

12- Justement, peut être que nous ne vous aurons pas posé cette question s’il y avait une vraie structure de commission technique qui travaille avec vous pour pouvoir assurer votre intérim lorsque vous êtes absent.

Vous avez parfaitement raison, c’est ce qui fait défaut à l’Espérance depuis très longtemps. Nous sommes entrain d’y travailler et nous espérons améliorer la situation très rapidement.

13- Est-ce que vous pouvez nous donner les noms des personnes qui forment la commission technique qui travaille avec vous ?

Mes collaborateurs sont : Samir Chammem, Slah Guiza, Abdelkarim Bouchoucha, Abdjabbar Machouch et Lassad Dhieb. Ce qui compte aujourd’hui, c’est la présence de cette structure à l’Espérance.

14- Quel est exactement son rôle ?

Cette commission intervient essentiellement dans la proposition de joueurs en vue d’un éventuel recrutement. En effet, je n’ai pas le temps de suivre régulièrement les joueurs évoluant dans les autres clubs. Cette commission se chargera de cette tâche.

15- Zied Tlemçani a proposé dans son programme, de créer des commissions de repérage des jeunes talents dans plusieurs régions de la Tunisie. Est-ce que vous pouvez adopter un jour cette excellente idée ?

Aujourd’hui nous fonctionnons de cette manière pour alimenter notre centre de formation. Des personnes salariées de l’Espérance détectent les meilleurs éléments de leurs régions respectives.

16- L’Etoile a pris une grande longueur d’avance sur nous sur ce sujet en payant des sélectionneurs régionaux qui parcourent le pays à la recherche de jeunes talents…

Vous avez raison. Ceci dit, je vous assure que les choses sont en train de changer sur le plan de la formation des jeunes. Beaucoup de personnes profitaient du système en place aux dépends des intérêts du club et recrutaient des jeunes qui n’avaient aucun potentiel. La preuve, ça fait longtemps que nous n’avons pas vu un bon joueur à tous les niveaux sortir de notre centre de formation. Aujourd’hui nous sommes en train de corriger toutes ces lacunes.

17- Il y a également le problème du niveau des entraineurs qui forment ses jeunes…

Je suis amplement d’accord avec vous, et je vous confirme que nous allons beaucoup investir pour rattraper tout le temps perdu. Les responsables du centre de formation font un travail considérable, mais l’environnement est tellement pourri qu’il leur faut plusieurs années pour remettre de l’ordre au centre.

18- Est-ce que vous allez aider M. Bouchamaoui dans le choix des techniciens évoluant au centre ?

Bien entendu que je mettrai mon expertise à sa disposition pour sélectionner les meilleurs formateurs de nos jeunes. Il faut également qu’on accorde une bonne rémunération à ces formateurs, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Je suis favorable à l’idée de privilégier les anciens joueurs du club mais à condition que ces derniers fassent l’effort d’acquérir la formation académique adéquate.

19- Est-ce que vous êtes d’accord qu’il est temps de penser à former des dirigeants à l’Espérance ?

Vous avez parfaitement raison. L’un des plus gros problèmes dont nous souffrons aujourd’hui est le manque de dirigeants compétents. Depuis que je suis revenu, je n’ai croisé aucun membre du Bureau Directeur de l’Espérance. Je pense que ça se passe de tout commentaire…

20- C’est l’un des problèmes que nous avions évoqué sur nos forums, certaines personnes figurent dans la liste des membres formant le Bureau Directeur de l’Espérance mais qu’on ne voit jamais et on ignore complètement leurs rôles.

Depuis que je suis venu à l’Espérance, il n’y a eu aucune réunion du Bureau Directeur. Il est venu le temps d’injecter du sang neuf et de remplacer les vieux dirigeants qui n’ont plus rien à apporter au club. M. Hamdi Meddeb est conscient du problème et prendra les mesures nécessaires. Il y aura un remaniement dans le bureau directeur dans un future très proche.

21- Est-ce que les dirigeants sont jugés sur le travail accompli au sein du club ?

Aujourd’hui, on en est encore loin, mais j’espère qu’un jour nous arriverons à cette maturité.
Pour illustrer la situation, si je sors maintenant de mon bureau, dans cinq minutes, il n’y aura plus personnes dans le Parc B. A titre de comparaison, malgré les performances enregistrées par Al Ahly d’Egypte, Anis Boujelbene m’affirme, qu’après deux ans passés au sein du club Cairote, il n’a jamais vu ni le président ni le vice président du club. J’espère qu’un jour nous arriverons à ce niveau.

22- Comment jugez-vous l’effectif de l’équipe senior ?

J’ai trouvé un effectif de 45 joueurs, qui touchent des salaires, c’est beaucoup de charges pour l’Espérance. Nous sommes obligés de réduire l’effectif et de privilégier la qualité à la quantité. L’idéal serait de travailler avec un groupe de vingt cinq joueurs en plus de cinq jeunes joueurs. Après la demi-finale et la finale on y verra plus clair, mais il faut absolument réduire les dépenses.

23- Pouvez –vous nous citer les noms des joueurs dont vous êtes satisfait ?

Parmi ceux qui ont intégré les seniors il y a plusieurs satisfactions, comme Darragi, Youssefi, Chammem et Janvier, on peut leur ajouter les Chammeri, Riahi, Ben Mansour qui intègreront bientôt l’équipe. Il y a de très bons jeunes et on peut compter sur eux pour bâtir une équipe solide.

24- Quels sont encore les besoins de l’équipe ?

La défense pose problème, mais nous n’avons besoin que d’un très bon défenseur. Ce qui m’inquiète le plus c’est qu’il y a un manque au niveau de la qualité au milieu de terrain. J’espère qu’avec nos jeunes on pourra trouver une solution, mais il nous faudrait un gros calibre au milieu. En attaque nous avons ce qu’il faut et nous allons essayer d’étoffer l’effectif avec un très bon attaquant. L’autre point important c’est que nous devrions aussi prêter certains joueurs pour qu’ils puissent s’aguerrir, s’améliorer pour réintégrer le club ensuite. Il faut faire comprendre aux joueurs que ce n’est absolument pas une condamnation, mais une manière de les aider.

 

25- Vu qu’on a raté la qualification à la Champion’s League, vous préférez jouer la coupe de la CAF pour bien préparer l’équipe sur le plan africain ou la coupe arabe pour ses avantages financiers ?

Pour moi c’est la même chose, le plus important c’est que ces compétitions permettent d’améliorer le niveau des joueurs, surtout pour les plus jeunes d’entre eux, et jouer à un autre niveau que celui du championnat local.

26- Où en êtes-vous pour le cas d’Anis Boujelbène ?

Boujelbène est un de nos principaux objectifs, nous avons contacté les dirigeants d’el-Ahly et ils nous ont répondu qu’ils voudraient le garder pour jouer la Champion’s League. C’est peut-être une manœuvre pour négocier le prix à la hausse, mais nous allons faire tout notre possible pour pouvoir le recruter avant décembre en nous basant sur la clause libératoire de 200 mille dinars.

27- Ne faudrait-il pas renforcer absolument ce secteur, surtout avec le départ de Kamel Zaiem ?

Avec ou sans le départ de Kamel il aurait absolument fallu étoffer le milieu de terrain, en recrutant ou en puisant dans nos jeunes, comme par exemple Riahi qui a de grandes qualités, je l’ai regardé jouer et il est même meilleur que certains joueurs qui jouent en senior. Il faudrait parler à nos joueurs, les conseiller et les aider, sur ce point nous devons faire beaucoup d’efforts pour que ceux qui représentent nos couleurs se donnent à fond sur le terrain.

28- Sur ce dernier point, confirmez-vous cette nonchalance que nous sentons chez nos joueurs ?

Oui, d’ailleurs toute la différence avec le club africain de cette saison s’est fait ressentir au niveau de la grinta et de l’envie de jouer. Nous avons senti que nos joueurs ne se donnaient pas les moyens de rattraper leur retard, l’une des principales raisons est qu’ils ne trouvaient pas de soutien, personne ne leur parlait, personne n’était derrière eux ni dans les défaites ni dans les victoires.

29- Ne croyez-vous pas aussi que le public aussi a changé ? On se retrouve parfois à acclamer et à applaudir à tout va même quand le rendement est en deçà des attentes.

Moi je préfère un public qui encourage ses joueurs, parfois notre public nous pose de réels problèmes lorsqu’il est mécontent. C’est surtout le rôle des dirigeants de remettre les joueurs sur les rails. J’ai parlé à plusieurs joueurs et j’ai découvert que certains joueurs espoirs ont des problèmes familiaux, il y’en même qui ne touchaient que 150 dinars. On ne peut demander à un joueur de se donner à fond dans ces conditions. Nous avons essayé de les aider, d’écouter leurs problèmes pour les sortir de l’impasse.

30- Il y a aussi un problème d’indiscipline en dehors des terrains, d’ailleurs certains joueurs ont leurs photos affichées dans les sites web et les journaux, qu’en pensez-vous ?

Je dis toujours aux joueurs que tout ce qu’ils font en dehors des terrains nous est rapporté. Le problème est que 3/4 des joueurs en Tunisie viennent de milieux défavorisés où céder aux tentations est plus facile que d’arpenter le droit chemin. Je donne beaucoup d’importance à l’encadrement, surtout avec les jeunes joueurs, en plus d’un bon entraîneur il faut aussi un très bon encadreur pour ces gamins.

31- Ne croyez-vous pas qu’il faudrait reprendre les anciennes méthodes (celles de Slim Chiboub) pour que les joueurs n’aient plus d’écart de conduite ?

Les joueurs qui sont venus à l’Espérance, avaient en tête l’idée qu’à l’Espérance la discipline prédominait, mais ils n’ont trouvé personne qui leur demandait de rendre des comptes et ils se sont crus tout permis. Il faut donc remédier à cela, l’Espérance possède un prestige et l’éthique impose de ne pas dépasser les limites, ce qui nuit directement à l’image de l’Espérance. C’est surtout la mentalité des joueurs qui pose problème, ils devraient savoir qu’il faut être professionnel et penser à leur après-carrière. Même au niveau du recrutement on doit en plus du talent, enquêter sur le comportement du joueur en dehors du terrain pour décider s’il peut s’intégrer ou pas à l’institution espérantiste. La commission technique devrait même s’agrandir pour qu’on puisse suivre en même temps plusieurs groupes de joueurs.

32- Pouvez-vous comparer les mentalités des joueurs d’aujourd’hui et celles d’avant surtout pour les joueurs que vous avez côtoyé ?

C’est un tout autre monde, les Tmim, Ben Mrad, Ben Yahia, Jridi… c’est des gars qui en ont dans le crâne. Aujourd’hui même avec tous les avantages dont ils bénéficient, certains joueurs n’ont pas une mentalité professionnelle, ils ne pensent au match que lorsqu’ils rentrent sur le terrain, même s’ils y pensent avant c’est pour demander un bonus. Ce genre de joueurs ne devrait pas porter nos couleurs, d’ailleurs j’avais dit qu’il y a des contrats que je préfère ne pas renouveler. Si on a un effectif de 45 joueurs et que parfois on n’arrive pas constituer un onze rentrant, c’est qu’il y a un problème au niveau de la qualité. Certains ne peuvent même pas faire un contrôle et une passe correctement, Khaled Ben Yahia m’avait dit dans le temps qu’il travaillait encore les contrôles et les passes. Ces joueurs freinent même l’évolution des autres joueurs et celle de l’Espérance. C’est grave et on va y remédier.

33- Que doit-on faire dorénavant pour anticiper les fins de contrats des joueurs et éviter de les voir partir sans que le club n’engrange des bénéfices ?

Cette année on a quatre joueurs en fin de contrat, en l’occurrence, Kasraoui, Châabeni, Zaiem et Mahjoubi. Sincèrement M. Hamdi Meddeb a été plus qu’honnête avec eux. Il a parlé avec chacun d’eux et leurs a proposé des contrats très respectables avec des salaires plus que raisonnables. Normalement avec des tels propositions ils devraient signer de suite à l’Espérance.
Personnellement, si l’un d’eux tient à partir et veut quitter le club, je ne l’empêcherai pas, et ceci quelque soit son nom. C’était le cas de Zaiem qui est parti sans aviser aucun responsable alors qu’il venait de bénéficier d’une belle somme d’argent de la part de Monsieur Meddeb pour son mariage, et ça ne nous a pas dérangé pour autant.

D’ailleurs ce que je reproche peut être à M. Hamdi Meddeb c’est son subjectivité en négociant les contrats. Avant de penser à faire re-signer un joueur, il faudra d’abord dresser un bilan sur son rendement durant la période qu’il vient de passer au club. C’est aussi ça le professionnalisme. L’équipe va débourser de l’argent et il faudra avoir en contre partie le bon rendement du joueur. Si le rendement ne suit pas, soit on réduit le montant du nouveau contrat, soit on ne le renouvelle pas tout simplement.

Pour revenir aux joueurs cités, ils ont tous donné leurs accords pour signer leurs nouveaux contrats. Ceci n’a pas empêché Zaiem de partir et les autres n’ont pas encore signé. Personnellement si j’étais là avant cette saison, soient ils auraient signé depuis la saison dernière soit j’aurais décidé de ne pas renouveler leur contrats.

34- Vous ne pensez pas que ces joueurs doivent tout d’abord faire un bilan sur leurs rendements avant d’exiger de telles demandes ?

Justement, un joueur en fin de contrat doit commencer par faire son auto critique, et ne pas faire systématiquement des demandes abusives pour le club. Ces joueurs ne méritent même pas la moitié de leurs revendications.
Je suis satisfait par le départ de Zaiem. Bonne chance à lui tout simplement. Sa place devait être libérée et un autre joueur pourra donner beaucoup plus que lui.

35- Est-ce que maintenant vous avez retenu la leçon et vous allez anticiper les futures fins de contrats ?

Nous devrons penser dès maintenant aux contrats qui prendront fin en 2010 et 2011. Nous essayerons de renouveler les contrats deux années au moins avant leurs expirations.
À une seule année de sa fin, on devrait être décidé à propos du contrat, soit le joueur sera libre la saison qui suit soit il a déjà résigné.

36- Quelles sont vos visions, en particulier, et celles du Bureau Directeur, en général, sur la réhabilitation de nos finances ? Que pensez-vous de la situation d’assujettissement de notre club par rapport à ses bailleurs de fond, et est ce qu’il y aura une stratégie bien précise pour diversifier nos revenus ?

Les ressources financières représentent un important dossier pour un club et nous devons tous aider M. Hamdi Meddeb. Des dirigeants travaillent aujourd’hui sur ce volet avec M. Hamdi pour cherchons de nouvelles solutions. Nous devons miser davantage sur le marketing et la vente des produits dérivés fournis par l’équipementier.

L’Espérance dépense environ 10 milliards et dispose de 5 milliards de ressources financières. L’idéal est de réussir à couvrir 70% de ces dépenses par exemple.

Pour les dépenses, l’Espérance pourra bien les diminuer en réduisant un ou deux milliards. Ces économies peuvent être faites sur les dépenses de l’hôtel du parc, les joueurs qui arrivent pour faire des tests nous coûtent 40 dinars la journée chacun sans compter leurs billets d’avions, la diminution de l’effectif de 45 à 30 joueurs. Tout cela peut nous aider pour améliorer nos finances.

Le problème de l’Espérance c’est que les dépenses ne seront jamais définies et déterminées dès le début de la saison. Il faudra donc bosser dans ce sens là.

37- En parlant de notre équipementier, y aura-t-il de nouveaux maillots pour l’équipe « A » la saison prochaine ?

Oui, notre équipementier nous a bien servi cette année et il y aura trois ou quatre nouveaux maillots la saison prochaine y compris le maillot noir tant demandé par le public et un autre maillot rouge bordeaux aussi.

38- Qu’est ce qui sera fait pour notre public qui souffre non seulement de la gêne pour entrer au stade, mais aussi d’un désintéressement des BD successifs ? On voit même les non abonnés se voir mieux traités que les abonnés (telle que l’entrée au stade El Menzeh ou il y a moins de portes pour les abonnés).

Il ne s’agit pas seulement de vendre l’abonnement, il faudra être en contact avec les abonnés tout le temps, leurs faciliter les tâches tel que l’entrée au stade, et même penser à les réunir au cours de la saison et les écouter.

Donc, nous devrons créer ce sentiment d’appartenance pour nos abonnés et les faire rapprocher du club, car un abonné sera peut être demain un dirigeant de l’Espérance.

39- En parlant d’abonnement, quand est ce que la campagne va débuter ? Quels sont les objectifs de cette année ? Quels seront les nouveaux moyens mis en place pour atteindre ces objectifs ? Avez vous une idée de la « non réussite » de la campagne d’abonnements de la saison dernière ?

Sincèrement, je ne suis pas très au courant de la nouvelle campagne, mais nous avons mis en place une équipe qui s’en occupe. L’objectif est d’atteindre les 10000 abonnés cette année. Ce n’est pas facile du tout, il faudra donc travailler et penser à innover.

40- Mis à part l’ouverture d’une boutique pour vendre les produits dérivés du club, est ce que l’Espérance va utiliser son image dans d’autres domaines ? C’est à dire verrons nous un jour des taxis espérantistes, des forfaits de téléphonie mobile espérantistes ou des restaurants espérantistes. Un système de franchise comme à l’Olympique Lyonnais par exemple et avec une charte de valeurs morales aussi ?

À mon avis c’est une chose difficile à réaliser. Je vois que vous avez des idées neuves, pourquoi vous n’essayez pas de les proposer aux personnes concernées ?

41- La plupart des espérantistes pose des questions à propos de l’avenir de l’Espérance, alors pourquoi ne pas divulguer un plan de l’avenir du club ?

Pour réaliser de tels objectifs, il faudra avoir les dirigeants nécessaires qui soient aptes à relever de tels défis. C’est pour ça que je rappelle de nouveau que les portes de l’Espérance sont ouvertes à n’importe quelle personne compétente et ambitieuse qui voudra aider le club. Malheureusement, actuellement il y a des dirigeants qui sont retraités et qui ne viennent que pour meubler leurs temps au Parc B.

42- Pensez vous M. Tarak que les forums de discussion sur Internet peuvent vous aider dans votre mission ?

Certainement, surtout à travers les différentes discussions et idées. Nous accueillerons à bras ouverts toute nouvelle idée qui pourra servir le club. Je dois aussi dire qu’actuellement l’Espérance n’est en train d’exploiter que 10% environ de ses capacités humaines.

43- On sait que notre club fête lors de l’année qui vient son 90ème anniversaire mais que fait-on pour marquer le coup et marquer les esprits ?

C’est M. Slim Chiboub qui se chargera de tout ça, il a l’expérience requise et il a déjà réussi de tels évènements dans le passé.

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