Ce ne sera pas le sauveur.

fawzi

Apres le nul enciassé à Beja et celui face à Hammam-Lif ainsi que la defaite au Derby, la crise s’installa de plein pied à l’Esperance. Il faut dire qu’elle commencait à pointer du nez bien avant le derby de rades avec une reunion de crise tenue le 27 fevrier au bureau du president. Mais surtout avec la reapparition de monsieur Slim Chiboub dans le giron du club. Reapparition qui coincide comme d’habitude avec le retour de l’un de ses entraineurs fetiches à savoir Faouzi Benzarti.

Le dernier en date nous est vraiment resté en travers de la gorge. Souvenez vous, lors de la mi-temps du premier match de l’Esperance en champian’s league face à l’ASEC Abidjan, les ames charitables qui peuplent la tribune d’honneur firent en sorte que Aziz Zouhir se retrouve nez à nez avec son predecesseur, ce qui provoqua une vive discussion qui a abouti au limogeage de Duguéperoux et son remplacement par…Benzarti qui, à l’affut ,attendait tranquillement son heure.

Bercé par les doux souvenirs d’un lointain Decembre 1994, les supporters etaient plus de trois mille à suivre sa premiere seance d’entrainement. Mais pour son premier match, qui correspondait au deuxieme de l’Esperance en champian’s league, l’echec fut total avec un choix de joueurs inexplicable et inexpliqué à ce jour.

Au retour de l’equipe de Khartoum, Benzarti accorda une journée de repos aux joueurs et sollicita de son president de l’epoque Aziz Zouhir une autorisation en vue de s’absenter une journée pour faire un saut en Lybie afin de changer les pneus de sa Mercedes. Il en profita pour signer au passage un contrat en bonne et due forme avec la federation lybienne de football en vue de prendre en charge la séléction premiere du pays. Jouant ainsi un sale tour à une Esperance déja mal en point et qui croyait avoir trouvé en cet « entraineur » symbolisant « l’union sacrée » retrouvée, son sauveur.

Trahi et poignardé dans le dos, le public esperantiste pensait que quelque soient les dirigeants qui veilleraient aux destinées de leur club aucun d’eux ne fera appel à celui qui les a vendu pour une poignée de dollars. Mais voila que son nom recommençait à roder du coté du parc B. Sauf que, malgré la mauvaise passe que traversait le club, une opposition quasi-unanime s’est créée à l’idée meme de son retour. Il a fallu donc mettre à contribution « Dar Essabah » qui se chargera de faire avaler la grosse et amere pilule au public esperantiste.

En effet, Le temps (specialiste des taches ingrates) accompagnera, ce qui n’etait alors qu’une rumeur, l’eventuel retour de Benzarti d’un laconique « Et alors! », qui ressemblait drolement à un desormais celebre « Ma ennkabrouhachi », tandis que Essabah s’est chargé de rappeler aux ingrats et amnésiques que nous sommes, les faits d’armes de ce grand technicien sans avoir auparavant, et durant un mois, critiqué sans relache la paire dos morais -kanzari.

Le plan etait donc pret et bien huilé, Benzarti prendra l’equipe apres que la paire tuniso-portuguaise aura lamentablement echoué. En consequence, en cas d’echec dans le restant du parcours le coach monastirien n’assumera aucune responsabilité etant venu trop tard, par contre en cas de vctoire il sera le sauveur.

Or il fallait compter sans Ghariani , Khlifa et le CSHL qui, en dominant le Club Africain, ont propulsé l’Esperance en haut du clasement, faisant d’elle l’archi favorite pour le couronnement final.

Toute la pression est desormais sur les epaules de Benzarti qui herite d’une equipe en pole position et qui devra coute que coute l’y maintenir. Ce sera difficile pour quelqu’un de nerveux, colérique et belliqueux, d’autant plus que ses joueurs sont restés sur un agréable souvenir de son predecesseur.

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